Jamel cartonne avec le «Jamel comedy club» et va défendre «Indigènes» aux Oscars de Los Angeles...
Quel premier bilan tirez-vous du «Jamel comedy club» ?
Je l'appelle le « Jamel comedy kif » parce que ce n'est que du bonheur. Ce sont des artistes de talent, à qui j'ai eu raison de faire confiance. Avec eux, je m'amuse comme un dingue et j'espère que le public repart en se disant : « On a vu des gens incroyables. »
Allez-vous produire ces jeunes recrues après la tournée ?
Je compte bien les vendre au marché noir ou aux puces de Montreuil, parce que je te jure que je pourrais en obtenir un bon prix. Non, sérieusement, on n'a pas de plan de carrière, mais le but du jeu c'est de monter un « Jamel comedy bar » (lire encadré).
Le 25 février, vous serez à la cérémonie des Oscars avec le film Indigènes. Hollywood, c'était un rêve ?
A côté de Spielberg, ce sera difficile de faire le malin. Je ne compte même pas revenir avec la statuette : j'y vais juste pour piquer dans l'assiette de Robert De Niro, mon ami d'enfance, l'objectif ultime étant d'essayer de coucher avec ma future meuf, Jennifer Lopez.
Comment vivez-vous cette success story ?
Mon père m'envoie toujours chercher une demi-baguette à la boulangerie, rien n'a fondamentalement changé dans ma vie. Il y a une euphorie autour de tout ça, mais moi, ça ne me touche pas trop, je sais bien qu'Hollywood, ce n'est pas la vie.
Ça vous donne envie de produire d'autres films ?
Oui, c'est un moteur incroyable. Jamais on aurait espéré le quart du quart du succès qu'on a eu avec Indigènes. Moi, ça m'a foutu deux moteurs de Boeing 737 au cul !
Evoquons la présidentielle. Qui aimeriez-vous voir à l'Elysée ?
Si Sarkozy passe, je retournerai dans mon pays, en Suisse. Avec le programme de Ségolène, on va pouvoir comparer.
Vous avez aidé à relancer financièrement Politis, journal altermondialiste. Pourquoi ?
J'adore les éditos de Denis Sieffert, je trouve que ce mec est juste et moi, j'aime la justice et la justesse. Dans Politis, j'ai lu des articles très constructifs...
Que faites-vous personnellement pour « sauver la planète » ?
Déjà, je paye mes impôts avec plaisir, en espérant sincèrement que ça rende service. Quand je vois que mon argent n'est pas utilisé à bon escient, ça m'énerve... C'est pour ça que je fais aussi de l'aide de proximité, en regardant les gens dans les yeux.
Pourquoi rendez-vous hommage sur scène à l'abbé Pierre ?
Quand je pense à lui, j'ai envie de pleurer. J'ai juste eu mal quand il est mort. C'est l'ambassadeur international toute catégorie et toute origine confondue du bien.